Publié le 14 mai 2025
Etude présentée aux 20èmes JRC en 2025

L'essentiel

Des températures élevées impactent les consommations d'aliment des lapines et de leurs lapereaux et par voie de conséquence les performances des animaux. Dans les élevages cunicoles français, les températures estivales atteignent rarement les niveaux étudiés dans la bibliographie car l'ambiance est mieux maitrisée grâce à la ventilation et au cooling notamment. Cependant, il existe des variations de températures qui peuvent être non négligeables, et qui interrogent sur leurs conséquences sur les performances des animaux en maternité. Une base de données comprenant 83 bandes d'un cheptel élevé en station expérimentale, entre 2010 et 2022, avec différentes variables de consommation d'aliment, de performances des lapines et de leurs lapereaux, ainsi que des données d'ambiance relevées a été étudiée. La méta-analyse réalisée montre que, même à des températures modérées (température moyenne comprise entre 19 et 25°C), chaque degré supplémentaire diminue la consommation des lapines et également de leurs lapereaux, notamment après la mise-bas. Ainsi, on peut estimer qu’en passant de 19°C à 25°C (+6°C), la consommation moyenne de la cage sur le cycle, diminue de 112.8g/j, correspondant, dans la base de données, à une baisse de consommation de 21.9% (p<0.001). L’étude de l’impact des températures sur les performances a mis en avant une baisse de croissance des lapereaux à 25 jours (respectivement 547.1g, 532.0g et 513.1g sur les plages 19-21°C, 21-23°C et 23-25°C ; p<0.001) ainsi qu’à 32 jours (respectivement 926.3g, 905.9g et 876.9g sur les plages 19-21°C, 21-23°C et 23-25°C ; p<0.01). On note aussi un bilan pondéral négatif des femelles entre deux cycles (-5.7g dans la plage 23-25°C ; p<0.001), notamment lié à une moindre récupération sur la période 11-25j (p<0.01), ainsi qu’un impact sur la santé des femelles (p<0.05) et de leurs petits (p<0.05), alors que les performances de reproduction (fertilité, prolificité) ne semblent pas impactées. Enfin, il semble que consécutivement à une période de chaleur (température moyenne >23°C), les performances reviennent rapidement à leur niveau initial. Cette étude démontre donc, que même dans une plage de variation thermique modérée et proche de la température de confort du lapin, toute élévation de température impacte les consommations d’aliment et les performances des lapines et de leurs lapereaux. Elle souligne l'intérêt de gérer correctement la température ambiante des élevages, notamment pendant la période estivale et justifie la nécessité de mettre en place des stratégies d'alimentation pour minimiser les effets de la température qui pénalisent les résultats technico- économiques