Publié le 14 mai 2025
Etude présentée aux 20èmes JRC en 2025

L'essentiel

Premier prébiotique à disposition des nouveaux nés, les oligosaccharides du lait (OL) interviennent dans le développement du microbiote du nouveau-né mais aucune donnée n’est disponible chez le lapin. Nous avons précédemment décrit la diversité des profils d’OL chez la lapine et les liens avec la survie des lapereaux. Dans cette étude nous formulons l’hypothèse que la composition en oligosaccharides du lait des lapines au cours de la lactation pourrait contribuer à la maturation du microbiote des lapereaux allaités. Pour cela, nous avons décrit la variabilité des profils en oligosaccharide des laits en fonction du stade de lactation (n = 10 lapines, prélèvements à 2-3 jours, 7 jours, 17 jours, et 25 jours post-partum), puis déterminé l’association de ces OL à la composition du microbiote cæcal des lapereaux âgés de 8 et 26 jours (n=20 lapereaux / date, 2 lapereaux / femelle) par corrélation de Spearman. Sur les 46 OL détectés, l’abondances relatives de 12 OL évoluent significativement avec le stade de lactation. En fin de lactation, l’abondance relative du sialyllactose diminue au profit du lacto-N-fucopentaose (LNFP : Hex3_HexNAc1_Fuc1) (de 72 ± 13 % à 30 ± 11 % et de 12 ± 6 % à 45 ± 12% entre les jours 2-3 et le 25ème jour de lactation, respectivement). À l'âge de 8 jours, une corrélation de Spearman de 0,6 a été observée entre le fucosyllactose (Hex2_Fuc1) dans le lait et l'abondance relative du genre Fusicatenibacter dans le contenu cæcal des lapereaux. À 26 jours, l'abondance relative du groupe Oscillospiraceae NK4A214 dans le contenu caecal des lapereaux était positivement associée au Hex4_HexNAc1_Fuc1 dans le lait, tandis que les genres Ruminococcus, Alistipes et Coprococcus étaient négativement associés au sialyllacto-N-fucopentaose (F-LST : Hex3_HexNAc1_Fuc1_NeuAc1), Hex3_HexNAc2_Fuc1 et sialyllacto-N-tetraose (LST : Hex3_HexNAc1_NeuAc1). Les liens entre la composition en OL chez les lapines et la composition du microbiote des lapereaux laissent entrevoir la possibilité de développement d’aliments enrichis en oligosaccharides pour optimiser la santé des lapereaux