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L'essentiel
Les mycotoxines constituent un facteur de risque persistant en production avicole, souvent invoqué lors de baisses de performance ou de troubles de santé inexpliqués. Chez les poules reproductrices, la durée d’élevage prolongée et la fréquence des livraisons d’aliments multiplient les occasions d’exposition, augmentant le risque d’effets chroniques ou subcliniques, avec des répercussions possibles sur la fertilité et la qualité de la descendance. Un essai a été mené afin 1- d’évaluer l’impact d’expositions séquentielles aux fumonisines B (FBs) et à la zéaralénone (ZEA) chez des poules reproductrices et leurs poussins, 2- de déterminer des biomarqueurs. Des poules reproductrices Ross 308 ont été réparties en six groupes : un lot témoin, quatre lots exposés 2 semaines à des doses modérées (1 ppm ZEA + 7 ppm FBs), une seule fois ou à plusieurs reprises (phase poulette et/ou début de ponte), et un lot exposé plus fortement et durablement (4 semaines ; 1 ppm ZEA + 30 ppm FBs). Les performances zootechniques, les indicateurs de santé et bien-être, les paramètres de reproduction ainsi que des biomarqueurs ont été suivis. Des inséminations artificielles ont été réalisées à S32 et S42, et la qualité, le poids et la température des poussins ont été mesurés à l’éclosion et à J7. Des analyses de résidus de mycotoxines ont été conduites sur le foie des poules et des poussins et aussi dans les œufs à couver. Aucune altération majeure des performances n’a été observée avec les expositions modérées, malgré la détection de FB1 dans le foie des poules persistant jusqu’à 14 jours après l’arrêt de l’exposition. L’exposition forte pendant 4 semaines a en revanche induit une réduction significative du poids des poules (-108 g à 32 semaines) et des poussins à l’éclosion (-0,8 g). La fumonisine FB1 a été détectée dans les œufs, ainsi que dans le foie des poussins à l’éclosion et à 7 jours, quelles que soient la fréquence ou l’intensité de l’exposition des mères, démontrant le transfert mère-œuf-poussin. Le dosage de FB1 dans le foie du poussin apparaît ainsi comme un biomarqueur pertinent de l’exposition maternelle. Ces résultats apportent la première preuve expérimentale du transfert de FB1 de la mère au poussin, y compris après une exposition modérée et courte. Longtemps considérées comme peu absorbées et vite éliminées, ces mycotoxines montrent ici une bioaccumulation réelle, avec des effets biologiques non négligeables sur la descendance.