Publié le 14 mai 2025
Etude présentée aux 20èmes JRC en 2025

L'essentiel

La production de viande de lapins et le nombre d’élevages cunicoles sont en diminution depuis plusieurs années en France et le recensement agricole de 2020 a révélé le vieillissement des éleveurs cunicoles. La filière se confronte aujourd’hui à la problématique du renouvellement des générations d’éleveurs et d’actifs participants au fonctionnement des élevages. Une étude pilotée par le CLIPP et l’ITAVI a permis d’analyser les facteurs d’attractivité et les freins des métiers de la cuniculture dans le but de recruter des jeunes ou des personnes en reconversion. Cette étude s’appuie sur deux enquêtes qualitatives. La première est constituée de 16 entretiens auprès de personnes exerçant des métiers en lien avec les élevages cunicoles (vétérinaires, techniciens, salariés, chercheurs, etc.). La deuxième enquête a été menée auprès de 22 éleveurs cunicoles répartis en fonction de leur ancienneté dans la cuniculture et du type de collectif de travail (seul ou avec des associés). Les 38 entretiens réalisés ont été étudiés selon la méthode de l’analyse thématique et, dans le cas de l’enquête « Eleveurs », cette analyse a permis de proposer une typologie des éleveurs cunicoles selon 4 profils. Il a été constaté, grâce à cette étude, que la filière cunicole propose des conditions d’exercice des métiers satisfaisantes : une organisation précise du temps de travail, une diversité de tâches allant de la maternité à l’engraissement, des défis et un besoin de technicité stimulants au quotidien, un animal calme et facile à manipuler et enfin une rémunération stable. Néanmoins, ces conditions d’exercice peinent à se faire connaître en dehors de la filière car la cuniculture manque fortement de visibilité dans les parcours de formation agricole. Cette absence de formation contraint les acteurs à se former sur le terrain, en profitant de l’expérience des éleveurs et des techniciens en place. Enfin, la filière cunicole et ses représentants souffrent de l’image négative que leurs métiers et leur production renvoient au grand public. Les pressions sociétales exercées sur la profession peuvent être contrebalancées par les évolutions en cours, notamment avec le déploiement des systèmes alternatifs à la cage et la démédication des élevages qui revalorisent la viande et donnent une image positive de la filière. Cette étude a permis d'engager une série d’actions concrètes mises en place par l’interprofession et les acteurs de la filière. L’étude des différents métiers et la typologie des éleveurs permettent en outre de mieux cibler les actions et de gagner en efficacité dans la diffusion des messages.

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