Publié le 14 mai 2025
Etude présentée aux 20èmes JRC en 2025

L'essentiel

La situation épidémiologique des élevages cunicoles français vis-à-vis de la maladie hémorragique virale du lapin (VHD, ou Rabbit Haemorrhagic Disease, RHD) s’est améliorée considérablement depuis la mise en place du plan de lutte collective en 2018, avec une diminution de 70 % des foyers recensés entre 2018 et 2023. Cependant, deux tiers des foyers de VHD comptabilisés en 2023 sont survenus dans des élevages ayant déjà été atteints par la maladie, montrant la difficulté de maîtriser la VHD dans certaines exploitations. L’étude SURVRECI, associant l’Anses, l’ITAVI, le CLIPP et les groupements cunicoles, a été menée pour comprendre les foyers récurrents de VHD en élevage. Quatorze foyers de VHD survenus entre décembre 2021 et octobre 2023 dans des élevages ayant connu plusieurs épisodes de VHD ont été investigués. La présence de génome viral de RHDV2 a été détectée sur des écouvillons rectaux de femelles dans 4 élevages sur 14, montrant que des lapines vaccinées sans signe clinique peuvent tout de même excréter du virus. Ce résultat souligne la nécessité d’assurer une stricte application des mesures de biosécurité interne pour éviter la transmission de matériel potentiel infectieux entre les différents stades d’élevage ou secteurs de l’élevage. Des traces de génome viral ont également été retrouvées après décontamination sur des surfaces à l’intérieur des bâtiments cunicoles dans 5 élevages sur 14, montrant un nettoyage et une désinfection insuffisants. De même, le bac d’équarrissage et / ou le congélateur à cadavres étaient encore positifs vis-à-vis du génome viral après décontamination dans 7 élevages. Les mesures de prévention et de vaccination contre la VHD ont été comparées entre les 14 élevages en situation de récidive et 8 élevages atteints de VHD avant 2018 mais demeurés indemnes depuis. Les analyses sérologiques pour la recherche d’anticorps anti-RHDV2 chez les femelles ont montré que dans 5 élevages, dont 2 atteints plusieurs fois par la maladie, une absence d’anticorps signant un niveau de protection insuffisant des lapines du pré-cheptel. Des améliorations semblent donc encore possibles dans les pratiques vaccinales et la sérologie apparait comme un outil intéressant pour évaluer la qualité de la prise vaccinale. Le séquençage de virus RHDV2 isolés en élevage, en récurrence de VHD ou non, et dans la faune sauvage a montré qu’il n’existait pas de souche de RHDV2 spécifique aux élevages, et notamment ceux en récurrence. Chaque récurrence correspondrait à l’introduction d’un nouveau virus dans l’élevage. L’étude SURVRECI a ainsi montré que des progrès sont encore possibles, notamment dans la décontamination, pour prévenir le risque de récurrence de la maladie et qu’il est nécessaire, en plus de la biosécurité, de maintenir une vigilance particulière sur la vaccination des jeunes femelles contre la VHD dans tous les élevages

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