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L'essentiel
Le lapin est une espèce particulièrement sensible aux troubles digestifs, en particulier lors du sevrage et dans le cas de maladies infectieuses. Il est donc nécessaire de disposer de modèles in vitro permettant d’étudier la physiologie des organes digestifs chez le lapin tout en réduisant le recours à l’expérimentation animale. Récemment, les recherches ont permis de mieux comprendre la biologie des cellules souches, des cellules indifférenciées pouvant se diviser pour générer divers types de cellules spécialisées. Ces nouvelles connaissances ont permis de développer des modèles de culture cellulaire innovants appelés organoïdes. Les organoïdes sont issus de cellules souches, s’autorenouvellent, sont autoorganisés en 3-dimensions, reproduisent la diversité cellulaire et certaines des fonctions des organes qu’ils miment. Ces méthodes initialement mises au point chez la souris et l’homme sont aujourd’hui disponibles pour les animaux d’élevage. Chez le lapin, des travaux récents ont développé des systèmes de culture d’organoïdes d’intestin et de foie qui permettent de disposer pour la première fois chez cette espèce de modèles cellulaires in vitro pour étudier ces organes. Comme décrit chez les autres espèces, les organoïdes de lapin miment en partie la diversité cellulaire, la structure et la fonctionnalité des organes d’origine. Les organoïdes hépatiques de lapin ont par exemple permis de multiplier in vitro le virus de la maladie hémorragique virale du lapin (RHDV). Ce résultat qui n’avait pas été atteint avec d’autres modèles ouvre d’importantes perspectives pour étudier la pathogénicité de ce virus. Par ailleurs, les organoïdes d’intestin de lapin ont été utilisés pour étudier les effets du microbiote et de ses métabolites sur la fonction de barrière. Le modèle des organoïdes intestinaux est particulièrement adapté pour réaliser des approches de criblage in vitro de produits nutritionnels ciblant la santé digestive. La disponibilité des organoïdes chez le lapin ouvre donc d’importantes perspectives pour étudier la physiologie digestive ainsi que les interactions avec des pathogènes. La complexification des conditions de culture des organoïdes de lapin permettra de reproduire plus fidèlement les organes in vitro, par exemple en intégrant des composants du système immunitaire. Enfin, des organoïdes de nouveaux organes pourront être développés chez le lapin, tel que réalisé récemment pour la glande mammaire. Globalement, l’utilisation des organoïdes chez le lapin pourra être utile pour développer de nouvelles stratégies de préservation de la santé tout en réduisant le recours à l’expérimentation animale.